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Extrait du cahier de Marie-Louise Hamonet

Auguste Hamonet (1860 - 1942) était né en Louisiane, à Natchitoches, où ses parents Gustave (1831-1891) et Anne Seichepine (1831-1912) avaient émigré. Seichepine, un nom plein de la rude poésie de nos aïeux lorsque ceux-ci se virent assignés un patronyme - lequel n’a toutefois pas nuit à la perpétuation du nom jusqu’à Anne. Mais dans leur grande sagesse, nos législateurs d’alors ne prévoyaient que la transmission des noms par le père. Nous l’avons échappé belle. Mais sans Anne Seichepine, aucun de ses descendants Hamonet dont nous parlons sur ce site n’aurait existé. C’eût été dommage pour nous.

A défaut, Odile, Fafy, Monique & Jean Goupille pouvaient revendiquer un autre titre pour leur grand père maternel, celui d’être né citoyen américain. Et ceci, du fait d’une autre disposition législative, le droit du sol à la naissance, qui confèra, à Auguste, un passeport américain.

Son séjour là-bas ne dura, en fait, que les toutes premières années de sa petite enfance, jusqu’à ce que la guerre de Sécession ramène parents et enfants en France.

Mais le goût de l’aventure était bien ancré chez les parents d’Auguste. Peu de temps après leur retour en France, ils tentèrent à nouveau leur chance, cette fois, en Argentine, le nouvel eldorado pour les migrants français.
Mais lorsqu’Auguste voudra prendre femme, c’est à une cousine germaine à qui il songera : Marie-Louise, de 13 ans sa cadette, vivant en France. Malgré la proximité consanguine, les parents et Marie-Louise furent d’accord. Et de rejoindre Auguste, à Buenos Aires ...un temps seulement. C’est cette aventure des migrants des Ponts-de-Cé qu’à l’automne de sa vie - en 1948 - Marie-Louise a retracé dans un cahier manuscrit. Extrait :

Vers 1855, Anne Seichepine partit avec son frère Edouard et deux cousines pour prendre la suite d’affaires d’un commerçant de Château-Salins, installé à La Nouvelle Orléans (Louisiane) depuis plusieurs années et qui voulait se retirer après fortune faite.
[...]

Le départ de Natchitoches



1864, sous la pression de la guerre de Sécession, Gustave est « décidé à rentrer en France, coûte que coûte. Mais il fallait arriver à New York et pour cela traverser les lignes des deux armées en présence... _ C’est sur un char attelé de bœufs qu’il chargea toute sa famille sur des matelas, et le plus possible d’objets nécessaires. _ L’attelage était conduit par deux nègres et Gustave suivait ou précédait avec son revolver à la ceinture, seul moyen de tenir les nègres en respect (sic). On voyageait de nuit et on se cachait où l’on pouvait de jour, le plus souvent dans la forêt. _ Il fallait traverser tantôt une ligne, tantôt une autre. A chaque fois, Gustave entrait en pourparlers avec les chefs militaires ; pour cela, il avait des passeports spéciaux à chaque armée en présence. Comme il était très diplomate, et surtout très débrouillard, il arriva sans accident à sortir de la zone de guerre. _ Le ravitaillement en cours de route se faisait aussi par des moyens qui, selon les circonstances, étaient de l’intimidation, ou de l’amabilité, ou de la pitié - pour une situation si pénible. [Gustave, sa femme Anne et leur quatre enfants en bas âge 6, 5, 3ans, 6 mois] (JPG) _ Ils arrivèrent ainsi, en 8 ou 10 jours, au bord du Mississipi. _ Il fallut attendre 2 ou 3 jours pour embarquer, car les bateaux qui passaient étaient presque toujours au complet, ou ne pouvaient prendre qu’une partie de la famille. _ Enfin, on arriva sans trop d’ennuis à New York, afin de prendre le bateau pour la France. _ Il fallut attendre 4 ou 5 jours à l’hôtel, le départ du bateau. _ Les 4 enfants avaient la coqueluche et forcément, on les isolait le plus possible. ...//... _Gustave s’occupait des formalités et préparatifs de départ ...//...

L’embarquement

Malheureusement, le bébé tomba malade et le lait de la mère devenu insuffisant par suite de ses fatigues, occasionnait à l’enfant des cris presque continuels jour et nuit.
Le commandant du bateau qui connaissait un peu Gustave et par « bonté » lui avait affecté une bonne cabine - a proximité de la sienne, en fut si importuné, qu’il déménagea toute la famille dans une chambre plus éloignée
...//...
Le voyage France-Amérique [neuf ans plus tôt] avait été fait en bateau à voiles - Le retour Amérique - France se faisait en bateau à vapeur, et par conséquent moins long.

Arrivés au Havre, après installation dans un hôtel, et dans un état de fatigue et d’épuisement extrêmes, Gustave se mit à écrire à son père, et à sa mère aux Ponts-de-Cé, les avisant de son arrivée et celle de toute sa petite famille. Il n’avait que très rarement donné de ses nouvelles et ils ignoraient sans doute sa situation - car comme dit plus haut - il était parti à plusieurs reprises, faire ses tours du monde, de son propre chef (à la Robinson).

Le Docteur Boutiller (celui qui était à la Nouvelle Orléans (Louisiane), ...//... [qui avait soigné Gustave, de la fièvre jaune] et qui connaissait la famille Hamonet avait dit à Annette [Anne Seichepine], que sa belle-mère avait le « croc dur » et bien que son mari lui affirmât le contraire, la pauvre femme s’inquiétait de venir s’imposer à sa belle famille... C’est dans cet état d’esprit et de corps qu’ils arrivèrent aux Ponts-de-Cé, après avoir reçu des parents une lettre dans laquelle on disait les attendre à bras et cœurs ouverts.
Une immense voiture, chargée de tout le butin sauvé, en plus de 6 personnes était bien faîte pour attirer l’attention d’un petit pays où Gustave était aimé - La pauvre Annette, toute tremblante fut rassurée dès les premiers mots adressés par ses beaux parents, leurs gestes tendres et affectueux. En effet il y eut toujours entre eux une immense affection. Le beau père adorait sa brue et malgré son aspect brutal était la bonté même.
...//...
la petite famille finit par s’installer dans une maison voisine
...//...
Mais il fallait essayer de récupérer le capital immobilisé en Louisiane. Dès que la guerre fut finie, Gustave partit. Beaucoup de déceptions l’attendaient, soit par suite de destruction des stocks par l’incendie occasionné par la guerre, soit par la mauvaise foi des gens qui avaient accepté d’avoir le dépôt de ces stocks. - En résumé, il ne put retirer que la moitié environ de son capital.
Il retourna une seconde fois pour finir le règlement, mais n’obtint jamais tout son compte.
Avec ce qu’il rapportait, il pouvait cependant envisager l’avenir sans trop de crainte. Mais il fallait tout de même se faire une situation. Annette, femme extraordinairement bien organisée, très intelligente et très bonne désirait prendre un magasin de rouennerie [draperie.../tissus/mercerie] qu’un parent de la famille Hamonet voulait bien céder après fortune faite [sic] ( ce magasin était situé au coin du Boulevard Foch et de la rue Bressigny, où se trouve actuellement [1948] un café.

Gustave tente sa chance en Amérique du Sud.

Le départ pour Buenos Aires

[ Nous avons laissé Gustave, de retour de Louisiane - aux Ponts-de-Cé avec sa femme Annette et ses quatre enfants...]

...Mais Gustave dont le tempérament remuant ne s’accommodait pas d’une vie tranquille ne voulut pas profiter de cette occasion [ du magasin de « rouennerie » visé par Annette]. Il décida que sa femme et ses enfants resteraient aux Ponts-de-Cé et que lui, ferait de la représentation en France et à l’étranger...
...//... chaussures - parapluies - même les ardoisières et d’autres.... Il eut la chance de réussir et continua ainsi quelque temps.
Enfin, il eut l’idée de faire des chargements à son compte et de les débiter à l’étranger. C’est ainsi que le hasard [si l’on veut] le mit en rapport avec des horticulteurs d’Angers par Mr Charozé [mot illisible].(JPG) Il fit un chargement de plantes et fila sur l’Amérique du Sud. [ Trop enlisés les bords de Loire des Ponts-de Cé ? C’est pourtant une partie de leur charme]. A Buenos Ayres, qui ne faisait que commencer à grandir, sa cargaison fut enlevée en un rien de temps. Il revint en France, rechargea et eut le même succès [ le sens du commerce, quoi !] - Au bout de 3 ou 4 voyages, il décida de se fixer à Buenos Ayres où il rencontra quelques français ayant le même but quoique dans des situations différentes. Tout allait très bien et on lui proposa de lui vendre des terrains dans des conditions très avantageuses : prix minime, 30 ans de paiement [On sent que Marie-Louise qui raconte, ...sa future belle fille donc - elle épousera le fils Auguste qui n’est alors qu’un enfant - femme de tête qui sent la bonne affaire, elle, n’aurait pas laissé passer ].
Il refusa n’ayant que l’idée de revenir en France. Il s’installa donc en location ; mais la ville s’agrandit [si] rapidement [qu’il] fallut déménager au bout de quelques années. ...// L’emplacement occupé devenait le centre ville, et on bâtissait... Une seconde fois, il eut le même ennui et s’éloigna encore. A chaque fois, il refusait d’acheter son terrain pour lequel forcément les conditions devenaient de moins en moins avantageuses.- C’est ainsi qu’il finit par louer un magasin au centre : rue Florida et un jardin Boulevard Belgrano, assez restreint, puis un terrain plus grand hors de la ville - A chaque déménagement, il accumulait des pertes importantes.
Tous les deux ans, il revenait passer 2 ou 3 mois en France, aux Ponts de Cé et se mettait en relation avec les horticulteurs et grainetiers de France - Pendant ce temps, son établissement très important était confié à un contremaître dont à chaque retour il constatait les indélicatesses. Il se résout donc à ne plus quitter sa maison, jusqu’au moment où il pourrait rentrer définitivement en France finir ses jours - Son projet ne put jamais se réaliser.
Ses amis du début avaient tous acheté leur terrain et par suite, tous s’étaient enrichis et sont encore maintenant de gros propriétaires du centre, tout au moins leurs descendants. Par contre, lui se ruinait petit à petit par suite de charges de plus en plus lourdes et l’établissement de concurrents sérieux. Pendant ces 15 ou 20 ans, sa femme était toujours aux Ponts-de-Cé. Il l’entretenait largement, mais c’était une existence loin d’être celle d’un vrai foyer. (JPG) Les 4 enfants grandissaient. Virginie fut élevée à la pension Bioteau , et les trois garçons [dont Auguste, le futur époux de Marie-Louise] »

Auguste Hamonet suit la piste de son père [Gustave] à Buenos Aires

. ... Les trois fils Hamonet [Auguste, Léon, Gustave (junior)] élevés par Annette aux Ponts-de-Cé font donc leurs études à St Julien. [Collège catholique réputé à Angers]

Dans le but de continuer la maison de leur père [ à Buenos Aires], ils furent envoyés faire des stages d’un an au moins en Angleterre - en Belgique - et en Allemagne. Ils devinrent d’excellents polyglottes en même temps qu’horticulteurs et grainetiers.
...//...
les trois fils partirent pour Buenos Aires. [ date non précisée ; vers 1880, probablement, Auguste étant né en 1860]
...//...

Auguste, planteur dans la province de Chako, au Nord de l’Argentine

...Arrivés à Buenos Ayres, l’entente fut difficile avec leur père et au bout de 2 ou 3 ans, il y eut dislocation... Auguste [l’aîné] partit comme planteur au Chako - Léon entra chez un gros commerçant - Gustave [junior, le plus jeune - se maria et resta seul avec son père. La maison périclitait. - Auguste revenait de temps en temps faire un séjour chez son père, et c’est pendant un de ses séjours que celui-ci mourut en 1891. [ Entre temps, Léon s’était marié en Argentine avec une autre émigrée Anna Pees dit Labory et y fit souche. Gaston Hamonet qui vit à Buenos Aires est un de ses descendants].



Voir aussi :
Natchitoches(PNG)
Extrait de baptème
d’Auguste à Natchitoches (PNG)

Arbre Hamonet (I) (PNG)
Arbre Hamonet (II) (PNG)

Note : Titrage et commentaires entre crochets ajoutés

 


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